À la une du mois de septembre : Varsovie, Pologne
Varsovie, la capitale de la Pologne, est toujours pour nous une étape importante en matière d’analyse financière. Avec la Russie, la Pologne abrite quelques unes des plus grandes sociétés de l’Europe de l’Est.
L’investissement en actions n’est pas une nouveauté dans la ville puisque la première Bourse fut créée en 1817 et a poursuivi son activité jusqu’à la seconde guerremondiale.
Elle a été rouverte en 1991 après la perte de contrôle du pays par les autorités communistes et l’instauration d’une économie de marché. A l’instar des autres marchés de la région, la Bourse de Varsovie a également connu une volatilité importante mais a fini par se redresser, et affiche aujourd’hui une hausse de plus de 100 % en dollar US depuis son dernier point bas de février 2009.
Il existe de nombreux lieux historiques captivants et très bien restaurés dans la ville et alentour. Cela est d’autant plus incroyable que la ville a été totalement détruite par les bombardements durant la seconde guerre mondiale. On comprend mieux les sommes investies et le travail réalisé lorsqu’on voit des photos « avant et après ».
Après avoir visité plusieurs sociétés, un aspect essentiel se détachait : l’effort de diversification géographique des sociétés polonaises, dans les pays voisins voire aux Etats-Unis. Cette ouverture à l’international a créé de nombreuses opportunités :
un distributeur d’alcool a choisi entre autres la Russie et les Etats-Unis, un fabricant d’hélicoptères a ouvert une succursale en Chine, alors qu’un exploitant de salles de cinéma a choisi de se développer chez ses voisins est-européens.
Par ailleurs, des établissements bancaires d’Europe et d’ailleurs se montrent très actifs dans le pays.
Lorsque nous avons rendu visite à la société de distribution d’alcool, son Directeur général, un américain très ambitieux, nous a prédit que le marché russe de la vodka serait une importante source de croissance et qu’il tablait sur une part de marché deux fois plus importante qu’en Pologne, pourtant de 30 %. La part de marché de la société en Russie est actuellement de 20%. Naturellement, nous parlons ici du marché légal. La consommation de vodka produite illégalement représente selon certaines estimations 40 % de la consommation totale. Bien que la Russie affiche la plus forte consommation de vodka aumonde par habitant, cette dernière devrait baisser. C’est pourquoi la société recherche de nouvelles sources de croissance.
L’une des solutions envisagées consiste à miser sur les marques intermédiaires et haut de gamme au détriment des marques àbas prix.
La société se porte bien sur d’autres segments. En Russie, elle possède par exemple des parts de marché de 50 % sur le cognac et de 70 % sur le champagne. Malgré l’augmentation des ventes de vin, la consommation de bière a déjà atteint un pic avec 95 litres par habitant. Loin de se limiter à la Pologne et à la Russie, la société opère également sur les marchésdéveloppés.
Ses ventes de vodka sont en hausse au Royaume-Uni, en France et aux Etats-Unis.
Nous avons également visité une société gérant plusieurs franchises dans le secteur alimentaire : une franchise Kentucky Fried Chicken (KFC) en Pologne et dans plusieurs pays d’Europe de l’Est, une franchise Burger King en Pologne et une franchise Pizza Hut en Russie.
La société a mis en place un plan ambitieux dit « 3 X 3 » qui prévoit un triplement des ventes
tous les trois ans ; cet objectif a d’ailleurs été atteint entre 2006 et 2008. Le plan prévoit l’ouverture de 50 nouveaux restaurants en Europe Central et de l’Est en 2009. La société est également devenue un important locataire dans les galeries marchandes.
En effet, grâce à ses nombreuses marques, elle peut louer des superficies plus grandes et obtenir des loyers plus faibles. Une coentreprise a même été créée avec Starbucks et 11 points de vente sont désormais ouverts en Europe de l’Est.
Enfin, la société a racheté une chaîne de restauration rapide aux Etats-Unis qu’elle compte importée en Europe de l’Est.
Filiale d’un groupe bancaire portugais, l’un des établissements bancaires que nous avons visité est leader sur le segment des crédits immobiliers en Pologne.
L’augmentation de sa part de marché est essentiellement due à une politique très agressive de
prêts libellés en franc suisse, consistant à offrir aux particuliers des taux d’intérêt très faible dans la devise helvétique par rapport aux taux relativement élevés en zloty polonais. Environ 57 % des prêts accordés sont libellés en franc suisse.
Le principal risque pour ses clients – et la solidité de son portefeuille de prêts – est une dévaluation de la devise polonaise par rapport au franc suisse.
Cette éventualité nous a inquiétés car en cas de dépréciation marquée du zloty face au franc, les
emprunteurs polonais auraient pu avoir du mal à rembourser leurs crédits immobiliers. La direction de la banque a affirmé que malgré la dépréciation du zloty face au franc suisse, les clients n’ont pas connu de problème de remboursement.
En fait,la majorité des crédits ont été accordés lorsque le zloty était faible ; en outre, le bas niveau des taux d’intérêt en franc suisse a permis de compenser la dépréciation. Compte tenu de notre expérience de la crise asiatique, nous surveillons de manière rigoureuse les variations des taux de change.
Nous continuons à surveiller toute évolution de la situation et à rechercher des opportunités d’investissement sur tout le territoire polonais. Outre une culture et une histoire fascinantes, ce pays possède d’excellentes perspectives commerciales.
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